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La population de loups augmente, le nombre d'attaques aussi

L'ONCFS a publié le 15 mai le bilan du suivi hivernal de la population de loups pour la saison 2016-2017. En dépit des craintes exprimées les années précédentes, l'espèce poursuit sa progression démographique et géographique.

On estimait l'année précédente qu'il y en avait moins de 300. L'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) avait en effet exprimé la crainte que la population de loups ne soit en baisse. A l'évidence, il n'en est rien.
« L’évolution de l’indicateur de tendance démographique (EMR) ne confirme pas l’hypothèse d’un ralentissement de la croissance suspectée ces deux dernières années. Sa valeur prise en fin de suivi hivernal 2016/2017 s’inscrit dans la continuité de progression démographique globale de l’espèce sur le long terme et à l’échelle de la population française », note le réseau Loup dans son bulletin d'informations du 15 mai, qui estime in fine le nombre de loups à environ 360 individus.
« Ces estimations seront consolidées dans le prochain bulletin après vérification et validation croisées des données », précise toutefois l'ONCFS.

42 zones de présence permanente constituées en meutes
Le nombre de zones de présence permanente (ZPP) est également en augmentation, passant de 49 ZPP détectées en sortie d’hiver 2015-2016 à 57 ZPP en sortie d’hiver 2016-2017.
Parmi ces zones de présence permanente, toujours selon l'ONCFS, 42 seraient désormais constituées en meutes contre 35 à l’issue de l’hiver précédent. « Il faut ajouter à ces groupes territorialisés 11 ZPP qui ne sont pas constituées en meute (animal seul ou couple). En revanche, sur 4 ZPP aucun indice n’a été détecté, et une éventuelle déclassification sera envisagée à la sortie de l’hiver 2017/2018 si rien ne vient y confirmer la présence des animaux entre temps », précise encore le bulletin d'information.

Parmi les nouvelles ZPP, six avaient déjà été identifiées en fin d’année dernière grâce aux investigations menées lors des suivis estivaux 2016 par hurlements provoqués de la Savoie aux Alpes- Maritimes. Dans les Alpes de Haute-Provence et les Hautes-Alpes, les zones avaient été identifiées sur les secteurs du Sasse (au sud du lac de Serre-Ponçon), dans le Vanson (au sud des Monges) et l'Obiou (au nord du Dévoluy). A l'issue de cet hiver, trois nouvelles zones sont classées en ZPP : dans le Morgon (dans les Hautes-Alpes en limite avec les AHP), la Sainte-Victoire (Bouchesdu- Rhône) et le Caroux (Hérault). « L’ensemble des ZPP alpines identifiées lors du suivi hivernal sont constituées en meute », précise l'ONCFS.

Une ZPP a en revanche été déclassée dans le massif de Madres Boucheville (Pyrénées-Orientales), au grand dam de l'association Ferus, qui déplore que « l'espèce peine toujours à s'installer dans les Pyrénées, malgré la présence d'individus depuis la fin des années 1990 ».

Le nombre d'attaques en augmentation
Depuis le 1er janvier 2017, la DDT 04 dénombre, au 2 mai, 41 attaques et 122 victimes indemnisables dans les Alpes-de-Haute- Provence, pour une grande part sur les secteurs de la Bléone, de la Durance, du Jabron et du Moyen- Verdon. 25 exploitants différents ont été attaqués. Pour mémoire, au 2 mai 2016, il y avait eu 38 attaques et 107 victimes indemnisées. Le département des Hautes-Alpes bénéficie d'un constat heureusement moins lourd : au 2 juin, les services de l’État faisaient état de sept constats de dommages pour lesquels la responsabilité du loup n'était pas écartée, et 13 animaux déjà indemnisables sur 28 animaux tués.

Le quota national de tirs de prélèvements atteint
Par ailleurs, le quota de prélèvements fixé à 38 individus a été atteint, puisqu'un 38e loup a été tué dans la Drôme le 30 mai. Alors que des personnalités de tous horizons ont appelé dès le lendemain à « mettre fin au massacre des loups » et à ne « plus céder aux lobbies de l’agriculture et de la chasse », dans les colonnes de France Soir, les syndicats agricoles appellent au contraire à une « tolérance zéro » aux attaques sur les troupeaux. « Le loup blesse à mort des dizaines et des dizaines de bêtes, et les laisse agonisantes, étalées au sol, attendant que leur éleveur vienne abréger leur souffrance », dénoncent la FNSEA et la FNO dans un communiqué du 1er juin. De son côté, la Confédération paysanne demande la prise rapide d'un arrêté, soulignant que « les éleveurs et leurs animaux ne peuvent rester sans défense alors que l’été arrive ». La FNO et la FNSEA rappellent par ailleurs que le coût économique des attaques de loup se chiffre à 25 millions d’euros en 2016, avec près de 10 000 animaux tués l’année dernière (72 000 depuis 1993).

Stéphanie Martin-Chaillan