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Session CA04 : « Notre profession, plus que jamais, a besoin d’unité pour se faire entendre »

La session de la Chambre d’agriculture 04 a été l’occasion de faire le point sur les calamités qui affectent l’agriculture bas-alpine, en l’absence très remarquée des trois parlementaires du département.

« Porter la voix des agriculteurs nécessite du temps, de la disponibilité, de l’implication. Bientôt au terme de ce mandat, nous devrons le moment venu s’interroger collectivement sur la représentation de notre profession qui, plus que jamais, a besoin d’unité pour se faire entendre », a déclaré Frédéric Esmiol à l’issue de son allocution.

Comme pour illustrer ces propos, alors que le Plan Loup 2018-2023 doit faire l’objet d’une nouvelle réunion le 12 décembre, la profession avait fait front commun quelques jours plus tôt pour rédiger une motion énonçant une série de propositions relatives à l’impact de la prédation sur le pastoralisme. Il allait donc de soi que ladite motion fasse l’objet d’une attention particulière lors de la session de la Chambre d’agriculture des AHP qui s’est tenue le 27 novembre.
Une intervention du directeur du Cerpam Marc Dimanche corroborera un peu plus l’urgence de mettre en place des mesures permettant aux éleveurs, comme exprimé dans la motion, « de pouvoir vivre de leur métier et l’exercer dans des conditions optimales ». Il apparaîtra notamment, contrairement à ce qui est souvent argué par les associations dites « pro-loups », que les attaques surviennent « de plus en plus souvent sur des troupeaux protégés ».

Par ailleurs, si le nombre de 360 loups communiqué par l’ONCFS est exact, cela signifie alors qu’il y a, soulignera Marc Dimanche, « de plus en plus de pertes par loup ». Concernant la déprise des alpages les plus à risque, l’étude de l’évolution du territoire pastoral sur le site militaire de Canjuers montre une perte de +40 % dudit territoire en 10 ans avec un repli net sur les zones ouvertes.
Marc Dimanche rappellera également que 88 579 animaux d’élevage qui ont été tués depuis les premières attaques il y a 20 ans. Un sujet qui aurait mérité que les trois parlementaires soient présents. Le président de l’organisme consulaire ne se privera pas de faire part de son regret qu’aucun d’entre eux ne se soit déplacé. Il ne sera pas le seul. D’autant que les sujets abordés durant cette après-midi de travail étaient particulièrement douloureux. La quatrième vice-présidente de la Chambre d’agriculture Françoise Garcin fera notamment un retour de l’incendie de l’abattoir municipal de Sisteron. « Ce qui s’est passé aurait pu avoir des conséquences dramatiques et très importantes du point de vue économique sur toute la région Paca ».
Et de rappeler notamment que la structure représente 54 emplois directs et plus de 400 000 agneaux abattus dans l’année. Si la gravité des dégâts aurait pu être plus importante, le montant des travaux de réfection représente notamment « 450 000 euros de frais pour le système frigorifique ».

Loup : une motion qui fait l’unanimité
La motion « loup » préparée collégialement par la profession pointe l’échec des mesures de protection mises en place pour défendre efficacement les troupeaux contre une espèce qu’elle n’estime pas en voie d’extinction, « avec 350 000 loups recensés dans le monde, dont 150 000 en Europe » et une évolution de la population en France au sujet de laquelle la profession agricole demande « que l’Etat communique plus précisément » ainsi que sur celle des hybrides. Entre autres demandes : une facilitation des tirs de défense et l’autorisation de tirs de prélèvement « sans restriction pendant toute la durée de la campagne », la pérennisation et le renforcement des brigades loup, la mise en oeuvre d’un « accompagnement psychologique et administratif des éleveurs ». La profession refuse également que les indemnisations soient conditionnées à l’acquittement des cotisations à la MSA ou encore que les éleveurs et bergers soient poursuivis en cas de morsures de chiens de protection.

Dans la suite de l'article :
- Gel et sécheresse
- Dégâts de sangliers :  « c’est gravissime ! »

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