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Expérimentation - Accompagner l’adaptation de l’agriculture en bordure de fleuve

Nouvel accord-cadre entre la CNR (Compagnie nationale du Rhône), l’école d’ingénieurs Isara de Lyon et trois Chambres d’agriculture (13, 30 et 84).

 

Mutation nécessaire liée au changement climatique, maintien d’une agriculture durable et diversifiée, préservation de la qualité des milieux agricoles à proximité des fleuves, tels sont les objectifs de la convention signée entre la CNR (Compagnie nationale du Rhône), l’école d’ingénieurs Isara de Lyon et trois Chambres d’agriculture (13, 30 et 84).

Vendredi 26 janvier, la présidente de la CNR, Elisabeth Ayrault et Olivier de Lachapelle, président de l’Isara-Lyon, ont signé un nouvel accord-cadre avec les Chambres d’agriculture des Bouches-du-Rhône, du Gard et du Vaucluse. Engagés sur trois ans, les partenaires ont souhaité formaliser leurs objectifs communs dans un accord-cadre, afin d’œuvrer conjointement au développement et au soutien d’une agriculture durable, conjuguant performance économique, respect de l'environnement et réponses aux attentes de la société. 

L’Isara de Lyon a été fondé il y a 50 ans, par des professionnels agricoles et l’université catholique. De 500, elle est passée à 1 000 étudiants en 2018, et 1 200 à venir. Depuis 2018, elle a repris l’Isema d’Avignon (Institut supérieur européen du management agroalimentaire). “Nous sommes très fiers du taux d’employabilité de nos jeunes diplômés qui, avant même la remise de leur diplôme, ont trouvé, pour 76 %, un emploi, et, pour 97 % d’entre eux, six mois plus tard”, indique le président, Olivier de Lachapelle. Un premier accord-cadre avait déjà été signé en 2005 avec les Chambres d’agriculture de la région Aura (Auvergne-Rhône-Alpes) donnant lieu à une étude, qui a mis en évidence plusieurs enjeux pour préserver une agriculture durable et diversifiée, ainsi que la biodiversité. Cet accord a pris la forme d’une démarche participative, avec et pour, les agriculteurs représentés par les instances consulaires. “Ce nouvel accord vient renforcer notre mission historique en faveur du développement agricole, en tant que concessionnaire du fleuve, qui apporte l’eau nécessaire à l’irrigation des terres”, poursuit Elisabeth Ayrault de la CNR. “Sur son territoire, plus de 120 000 ha sont irrigués, dans un contexte de changement climatique. Après 12 mois de sécheresse, nous avons eu trois crues à gérer depuis décembre ; et ces conditions sont difficiles pour l’agriculture également. Il est important que les conventions aboutissent à des projets concrets, mais pour cela il faut un cadre”, paraphé ce même jour. “En 2017, nous avons eu 30 % d’eau en moins dans le Rhône. Il est impératif d’apprendre à mieux gérer et partager une ressource en eau qui sera à l’avenir moins abondante.” 

Aller plus loin dans l’adaptation aux nouveaux enjeux

Cette convention concerne “des territoires : la Crau et la Camargue, et des produits emblématiques : les taureaux, le riz, le foin… Ils nécessitent performance technique et agronomique, respect de l’environnement, valorisation du savoir-faire, mise en valeur de signes de qualité…”, estime le président de la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône, Claude Rossignol. 

“Au plus on active de matière grise, au moins on a besoin de matière active”, cite, avec humour, Philippe Cavalier, élu à la Chambre d’agriculture du Gard et représentant le président, Dominique Granier, qui au-delà des aspects environnementaux, voit comme intérêt de cette convention la gestion des crues. “Depuis quelques années, nous avions perdu le rapport au fleuve. Nous finissons par n’avoir comme interface avec lui, que le compteur. J’ai plaisir à voir que Lyon reprend possession de ses berges. Il est important que l’agriculture renoue également avec le fleuve.” 

Les trois départements (Bouches-du-Rhône, Gard et Vaucluse) rassemblent 16.000 exploitations, trois milliards d’euros de chiffre d’affaires, et 700 millions d’euros de salaires versés, chiffre le président de la Chambre d’agriculture de Vaucluse, André Bernard. “Des circuits courts, certains en parlent, d’autres en font. Nous avons une agriculture très périurbaine, et à la fois très peu dépendante de la Pac ; à la conquête de la valeur ajoutée.” Dans le delta Arles/Nîmes/ Avignon, “nous avons un Français sur cinq ou six à moins de deux heures de camion”. 

Un système viticole “agro-écologique”

Ce même jour, une autre convention a été signée entre la CNR et la Chambre d’agriculture de Vaucluse pour soutenir le programme d’expérimentation viticole. Le site expérimental de Piolenc d’un peu de plus de 4 ha va ainsi être agrandi de 2,5 ha, en vue d’une étude sur les cépages tolérants aux maladies, de l’enrichissement du conservatoire grenache, et de la mise en place d’un projet de vignoble agroécologique. “Il nous permettra de repenser le système globalement”, explique la conseillère viticole, Pauline Garin. “Nous ne pouvions pas faire prendre ce risque à un producteur. Cela nous permettra de tester nos idées en conditions réelles. Nous pensons à de la fertirrigation enterrée, l’association de vigne et de thym, du pâturage, des haies mellifères...”

Source Agriculteur Provençal - Magali Sagnes