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Sécheresse : « Même avec les restrictions, on n’a pas remis de l’eau dans la rivière »

Alors que plusieurs bassins versants sont au stade de crise dans les Alpes de-Haute-Provence et dans les Hautes-Alpes, la question de l’agriculture irriguée se pose. D’autant que la réglementation ne prend pas en compte la spécificité des cours d’eau de type méditerranéen.

«Les pêcheurs s’opposent aux dérogations signées et mettent la pression sur la préfecture. Ils voudraient que les agriculteurs produisent des cultures moins consommatrices d’eau. Même les retenues collinaires, ils estiment que ce n’est pas une solution. Mais ce n’est pas en claquant des doigts qu’on crée une filière. Ou alors il faudrait qu’ils s’engagent à manger 50 kg de pois chiches chacun par an. Ça nous ferait un débouché… », raille Gérard Brun, référent eau à la Chambre d’agriculture 04.

La cause de sa colère : un publirédactionnel paru dans l’hebdomadaire départemental Haute-Provence Info vendredi 1er septembre, rédigé par les responsables de la Fédération départementale de pêche.
Les pêcheurs n’y vont en effet pas de main morte, demandant entre autres à la préfecture « de ne pas toujours privilégier les intérêts agricoles ». « Dans les rivières des Alpes de Haute-Provence en situation de crise, écrivent- ils, la biodiversité régresse et des poissons crèvent à chaque fois qu’un agriculteur arrose en douce ou bien qu’une station d’épuration dont les effluents ne sont pas assez dilués dysfonctionne ».
Bref, ils reprochent à l’administration de ne pas faire son travail comme il le faudrait alors que le plan d’action sécheresse est activé depuis le mois de juin.

Dans la suite de cet article :
- Le colza semence sur la sellette
- La particularité des rivières en tresse


L’Asse : pas d’eau en surface, mais des nappes qui se portent bien

« En 2017 les étiages sont, en général, moins sévères qu’en 2016, en particulier sur le Largue et le Lauzon. En revanche sur l’Asse le débit de la rivière est nettement plus faible en 2017 qu’en 2016 (3 fois plus faible à la Julienne). Sur cette rivière, la nappe et les adous (résurgence des nappes) sont beaucoup plus puissants en 2017 qu’en 2016. L’automne 2016 très pluvieux a en effet permis de « gonfler » cette nappe alors qu’en 2016 l’automne précédent avait été très sec. Les adous avaient séché beaucoup plus tôt en saison », expliquait Noël Piton, spécialiste de l’irrigation à la Chambre d’agriculture 04, début août.

« Si la pluviométrie (basse) et les températures (élevées) ont été exceptionnelles de mai à début août 2017 on doit constater que ce sont surtout les pluies survenues à l’automne 2016 qui permettent de garder, dans les nappes, des réserves qui alimentent la rivière en été. Si sur l’Asse on n’observe pas ce phénomène c’est que sur certains secteurs les crues très fortes de l’automne 2016 ont engravé l’Asse et que l’eau s’y infiltre davantage qu’en 2016. Peut-être faudrait-il intégrer, dans le dispositif de gestion des prélèvements, d’eau d’autres indicateurs tels que les niveaux piézométriques des nappes ».

Gérard Brun, référent eau à la Chambre d'agriculture 04
« malgré ce que dit tout le monde, les nappes et les adous sont dans l’Asse au même niveau que les autres. On va essayer de travailler à ce que l’état de la nappe soit pris en compte dans les critères ».

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