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PPAM : Les couverts végétaux : un moyen de lutter contre le dépérissement

Une journée technique organisée par le CRIEPPAM en partenariat avec Agribio 04, Arvalis-Institut du végétal et la Chambre d’agriculture 04 a permis de faire le point sur les dernières avancées des travaux menés sur les couverts végétaux et le stress hydrique en lavande-lavandin et grandes cultures.

Une matinée technique était organisée le 2 février par le Centre Régionalisé Interprofessionnel d'Expérimentation en Plantes à Parfum Aromatiques et Médicinales (CRIEPPAM) en partenariat avec Agriobio 04, Arvalis et de Chambre d’agriculture 04 sur les thèmes des couverts végétaux et du stress hydrique en PPAM et grandes cultures.

Une matinée riche en interventions présentant l’intérêt de pratiques innovantes, et notamment des couverts végétaux pour lutter à la fois contre les changements climatiques et contre les bio-agresseurs, en particulier la cicadelle responsable du dépérissement de la lavande et du lavandin.
L’occasion de présenter entre autres le projet RECITAL (Réponses aux évolutions climatiques par l’innovation et les techniques alternatives dans les lavanderaies). Lancé l’an dernier, ce projet est porté par l’Iteipmai (Institut technique qualifié par le ministère de l'Agriculture, assurant une mission de recherche appliquée finalisée au service des filières plantes aromatiques, médicinales et à parfum) en partenariat avec le CRIEPPAM, l’INRA, le lycée Terre d’Horizon de Romans-sur-Isère et les Chambres d’agriculture de la Drôme et du Vaucluse. Lauréat CASDAR 2017, il a pour objectif de déterminer l’impact du changement climatique sur les cultures de lavande et lavandin en évaluant les limites maximales de stress hydrique supportées par ces cultures et déterminer notamment l’intérêt des couverts végétaux sur l’inter-rangs comme réponse audit stress. « Il s’agit de déterminer des paramètres qui nous permettraient d’évaluer quand une plante est en danger de mort, explique Thomas Costes, du CRIEPPAM. Il existe des méthodes d’évaluation qui marchent sur les arbres et le but était de les adapter au lavandin. Une expérimentation a été réalisée sous serre afin de mettre au point ces indicateurs et, l’année prochaine, ces paramètres seront mesurés sur des essais implantés sur les stations expérimentales du CRIEPPAM et de l’Iteipmai ».

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Dans le cadre de cette matinée technique du 2 février, Caroline Barbot,conseillère en agriculture biologique à la CA04, a fait une intervention sur les plantes bio-indicatrices.

A l’écoute du sol avec les plantes bio-indicatrices

C’est un fait, les adventices sont gênants en agriculture. Ces «mauvaises herbes » peuvent constituer une gêne directe en exerçant une compétition pour l’eau et les nutriments avec les cultures, mais aussi par ses effets allélopathiques (ensemble des interactions biochimiques d’une plante sur une autre). Elles sont nuisibles également en ce qu’elles peuvent « salir » la récolte et dégrader la qualité, notamment, des huiles essentielles, faire chuter les rendements et, évidemment, augmenter significativement le temps de travail.

Pour autant, elles peuvent se montrer également très instructives. S’appuyant sur L’encyclopédie des plantes bio-indicatrices du botaniste Gérard Ducerf (éditions Promonature), Caroline Barbot a exposé les différentes informations que peuvent donner les adventices quant à la qualité des sols. « Comme toute autre plante, un adventice pousse quand toutes les conditions pour cela sont réunies. Climat, hygrométrie, vie du sol sont autant de points sur lesquels l’adventice va apporter des indications. Le botaniste qui a répertorié les plantes bio-indicatrices part du constat qu’une plante ne pousse pas au hasard et à un message à nous faire passer. Si elle pousse dans notre champ ou notre jardin, c’est qu’elle a un rôle à jouer à l’endroit exact et au moment où elle est là », résume Caroline Barbot.

Attention cependant : quelques plantes éparses ne signifient pas grand-chose. Les vertus bio-indicatrices des plantes seront donc intimement liées à leur taux de recouvrement d’un espace donné sur une parcelle homogène. En fait, explique Caroline Barbot, « ces adventices ont un rôle de rééquilibrage du sol ». De ce fait, elles sont susceptibles de nous permettre d’en analyser la structure, les excès et les déficits de fonctionnement. « Quand on sait lire ces plantes, on peut en tirer des pistes d’action. Si on observe la présence de plantes nitrophiles, on peut se poser la question de la fertilisation azotée ».

Le coquelicot, par exemple, « peut indiquer des remontées brusques de pH ainsi que de forts contrastes hydriques en été et en hiver ». Raison pour laquelle on en trouve tant dans nos régions… De même, la folle-avoine, par ailleurs plus concurrentielle que le coquelicot, indique, précise encore la technicienne, « un excès d’azote ou de potasse dans les sols à pH élevé, mais peut aussi indiquer un compactage des sols argilo-calcaires ». Bien connu des lavandiculteurs, le gaillet gratteron, qui a une nuisibilité très importante sur le rendement, indique un excès d’azote d’origine minérale et/ou de matière organique d’origine végétale ou animale. « Pour poser un diagnostic, il suffit donc d’identifier les plantes et leur donner un taux de recouvrement selon l’espace qu’elle occupe sur la parcelle ».
Caroline Barbot : 04 92 30 57 69 - cbarbot@remove-this.ahp.chambagri.fr

St.M.C.

A destination de ceux que le sujet intéresse, une formation intitulée « Connaître son sol par les plantes bio-indicatrices » et animée par le botaniste haut-alpin Lionel Bunge est organisée les 20 et 21 mars par Agribio 04 (renseignements auprès de Mathieu Marguerie au / 04 92 72 53 95 ou par mail à l’adresse : mathieu.marguerie@bioprovence).