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Innov'action : Échanges et transmission au coeur du progrès

Du 15 septembre au 23 novembre, et pour la 4e année consécutive, 22 exploitations de la région PACA ont ouvert leurs portes aux agriculteurs afin de leur faire découvrir des techniques innovantes. Sur les Alpes de Haute-Provence, ce sont 3 exploitations qui ont participé à cette opération organisée par la Chambre régionale d’agriculture.

EARL du Brask : le goutte-à-goutte, plus performant en économie d'eau

L'EARL du Brask située à La-Motte-du-Caire dans les Alpes de Haute-Provence a ouvert ses portes afin de mettre en avant ses pratiques d'irrigation.
José Reysz exploite 30 hectares de pommiers, Golden et Gala, entre La Motte-du-Caire et Faucon-du-Caire. L'irrigation localisée a été mise en place lors du renouvellement des parcelles. Trois types d'irrigation sont utilisés sur cette exploitation : goutte-à-goutte de surface et enterré et micro-jet. Fabienne Guyot, en charge de la gestion de l'eau à la Chambre d'agriculture 04, a accompagné José Reysz dans cette visite. 1 000 hectares de la vallée sont irrigués, soit environ 3 % de sa superficie.
Cela représente 45% de fourrage et de prairie et 35 % de vergers. L'irrigation est collective à 55 % dont 37 % sous pression par le CIVU de La Motte-Turriers et 7% de prélèvements individuels, soit 63 % en irrigation gravitaire. Les études réalisées démontrent qu'il est nécessaire de faire des économies sur le bassin versant du Sasse car il y a plus de prélèvements que de production d'eau. Le grand vallon a été classé en ZRE : Zone de Répartition des Eaux, ce qui entraîne des contraintes conséquentes et des opérations diverses d'économie d'eau doivent être mises en place. L'EARL du Brask est inscrit dans un PGRE (programme de gestion de la ressource en eau) qui s'est terminé en 2017.
Sur 3,5 hectares, 6 400 arbres ont été plantés sur 36 rangées. Ils sont irrigués par du goutte-à-goutte enterré qui date de 2014 avec deux rampes de goutteurs de part et d'autre du rang. La durée d'arrosage se fait sur 8 heures en deux fois. Cela représente 9,6 millimètres de doses d'arrosage par semaine. Le goutte-à-goutte de surface a été installé en 2017 sur 9,5 hectares, soit 15 600 arbres sur 75 rangées. Cela représente une rampe de goutteurs par rang et 12,8 millimètres de doses d'arrosage par semaine. Le principe du goutte-à-goutte est de former un bulbe mouillé dans le sol afin que les racines y puisent de l'eau. Enfin, le micro-jet, un système de microaspersion localisé sous frondaison est positionné tous les deux arbres, à mi-hauteur du tronc. Ce procédé date de 2006 sur une parcelle de 1,5 hectare. La pluviométrie horaire est de 3,3 millimètres/ heure.
Il ressort que le goutte-à-goutte de surface assure une économie d'eau de 60 %, le goutte-à-goutte enterré de 52 % et le micro-jet de 26 %. Le goutte-à-goutte ne mouille pas les feuillages et limite le traitement phytosanitaire dont le fongicide. Il faut cependant prévoir un réseau indépendant pour l'antigel. Il est possible d'automatiser le système et de faciliter la gestion de l'irrigation.

F.L


GAEC de l’Hubac : alimenter son troupeau sans peine

Le GAEC de l’Hubac a accueilli une cinquantaine de visiteurs au hameau de Surville. Sur leur exploitation d’élevage ovin située aux portes de Selonnet, Frédéric Magnan-Bayle et son fils Mickaël recevaient notamment une trentaine d’élèves du lycée agricole de Carmejane et des éleveurs du voisinage pour leur présenter un dispositif « maison » destiné à gagner du temps et à faciliter la distri-bution des aliments tout en diminuant la pénibilité : ayant construit une bergerie tunnel en 2008, ils ont eu l’idée de l’équiper d’une auge centrale avec cornadis (dispositif destiné à limiter les mouvements des animaux quand ils mangent). En effet, le bâtiment ne se prêtait pas à la mise en place de tapis électriques (trop petit, pas d’appentis) : « comme nous sommes bricoleurs, nous avons eu l’idée d’ajouter un plateau roulant qui coulisse sur les bords des cornadis. Nous avons récupéré un vieux monte-botte et posé un cardan pour permettre la rotation du plateau. Comme ça, quand la botte de foin a été posée par le tracteur, il suffit de faire tourner le plateau pour mettre la botte dans l’axe du couloir et faire tomber les plaques ». Plus besoin de porter le foin à la main, la distribution est rapide, efficace et peu pénible, pas de risque lié aux coupures d’électricité... et surtout un coût bien moindre que le tapis électrique, à plus de 600 € le mètre linéaire alors que le dispositif imaginé par les astucieux Selonnois est inférieur à 200 € ! Jamais à court d’idées, ils réfléchissent désormais à ajouter une trémie sous le plateau pour distribuer le grain sans avoir à porter les seaux, et à installer des ponts suspendus faits maison bien entendu, dans leurs autres bâtiments. Au cours de cette rencontre animée par Marie Breissand et Jean-Pierre Mary, techniciens de la Chambre d’agriculture, on évoquait aussi les techniques d’engraissement, le poids des carcasses, le prix moyen, l’équilibrage des luttes pour répartir les agnelages sur l’année et bien sûr les labels dans cet élevage estampillé Agneau de Sisteron...

Gilbert Mathieu


REGAIN : l’agriculture de conservation garante de la qualité des sols

C’est à l’occasion de la journée REGAIN que s’est déroulée à Quinson, puis à Montagnac- Montpezat, l’ultime journée Innov ’Action organisée dans les Alpes de Haute-Provence. « On a intégré la journée technique REGAIN que l’on fait tous les ans à Innov’Action parce que ce projet recouvre un ensemble de pratiques et d’accompagnements innovants », précise Nora Dermech, animatrice du projet à la Chambre d’agriculture 04.
Pour rappel, le projet REGAIN, auquel sont associés la Chambre d’agriculture 04, le parc naturel régional du Verdon, la Société canal de Provence et AgroSYS a pour objectif de faire du plateau de Valensole un territoire modèle du développement agroécologique.
Au programme de ce 17 novembre, une matinée consacrée aux actions menées dans le cadre dudit projet et notamment le volet qualité des sols mené par le Parc naturel régional du Verdon, mis en lien avec les pratiques agricoles des 34 parcelles analysées sur le plateau de Valensole. La journée devait se poursuivre par une visite de parcelles de Denis Vernet qui pratique le semis direct sous couverts à base de moutarde, de radis chinois, de vesce et de phacélie. Présent lors de la réunion matinale, le président de la Chambre d’agriculture 04 Frédéric Esmiol s’est félicité du nombre important de visiteurs qui, pour lui, signe « la prise de conscience des problématiques liées à l’agro-écologie, au sol, aux intrants ou encore à la ressource en eau de la part d’agriculteurs qui n’hésitent pas à s’investir et à faire des recherches à titre personnel ». « Il s’agit d’un auditoire demandeur de nouvelles compétences dans lesquelles la Chambre d’agriculture a d’ores et déjà commencé à s’investir. Cela ouvre des portes qui permettront, non seulement d’approfondir la réflexion, mais aussi de fédérer le groupe », estime Frédéric Esmiol, tout en rappelant que le développement de l’agriculture de conservation valorisée par des projets comme REGAIN risque fort d’être freiné par l’impasse technique à laquelle l’interdiction du glyphosate confronterait les agriculteurs.

St.M.C. 

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