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En route vers IGP Safran de Provence ?

Au cours de son assemblée générale, l’association Safran de Provence a présenté ses stratégies pour soutenir la vente de la production.

C’est dans son département de naissance, les Alpes de Haute-Provence, que l’association Safran Provence a tenu le 13 mars son assemblée générale sous la présidence d’Olivier Reboul, accueillie à Manosque dans les murs de la caisse locale du Crédit agricole.
L’association a été créée en 2006 par une poignée de safraniers bas-alpins. Son effectif adhérent est aujourd’hui de 40 producteurs répartis sur l’ensemble de la région Paca. La majorité d’entre eux sont des professionnels pour lesquels l’épice constitue une activité principale ou complémentaire. Un tiers des membres sont des amateurs passionnés. L’objet historique de Safran Provence réside dans l’entraide, l’échange d’informations, le partage d’expériences.

L’activité s’est depuis peu élargie à la communication pour soutenir la vente de l’épice. En effet, explique le président, « depuis 2012, les producteurs nous font remonter leurs difficultés à vendre le produit ». Le safran est en vogue mais, outre la question du prix, la méconnaissance liée à son utilisation freine l’acte d’achat. « Le safran a ce côté mystérieux. Il y a une appréhension à son usage. Comment le cuisiner, quelle est la quantité nécessaire, comment le réhydrater... »

Aussi l’association fait oeuvre de pédagogie en allant à la rencontre du grand public. En 2017, elle a mis en lumière l’épice provençale à Paris en prenant place au salon de l’agriculture, au sein du « village » initié par la chambre régionale d’agriculture. A Marseille, le safran de terroir a été un ingrédient de l’opération « Chefs en gare », avec des chefs cuisiniers qui ont fait des démonstrations culinaires sur les quais. « La participation au Food in Sud [salon de la gastronomie et des métiers de bouche organisé au parc Chanot, ndlr] nous a permis d’engranger énormément de contacts ». L’exercice 2017 a vu se pérenniser deux contrats avec des grossistes. La récolte d’octobre/ novembre a donné des volumes inférieurs aux années précédentes : résultat d’une année sous le coup de la sécheresse.

Qualité supérieure garantie

L’adhésion à l’association permet aussi l’accès à un laboratoire d’analyse à un tarif préférentiel, un passage obligé pour garantir que les lots respectent la charte garantissant une qualité supérieure. Le safran de Provence se présente en stigmates entiers (« les safrans en poudre sont parmi les produits les plus frelatés »). Lors de l’émondage, le pistil est sectionné de manière à ne conserver que la partie rouge, la plus aromatique. Seule épice provenant d’une fleur, le safran s’utilise à des doses très faibles. Pour un plat safrané de 6 à 7 parts, 1 dg de safran suffit (60 brins environ).
Les indications chimiques sur le safran de Provence sont d’autant plus précieuses que l’association s’est lancée dans une candidature à l’IGP (Indication géographique protégée), une démarche technique, longue et complexe présentée au cours de cette assemblée par François Martin, conseiller technique à la chambre d’agriculture des Bouches-de-Rhône. L’aboutissement est incertain mais, après mûre réflexion, il a été décidé au regard de l’enjeu d’en tenter l’obtention. « L’IGP, a précisé Olivier Reboul, représente un outil marketing extrêmement fort, notamment sur le marché international et à l’export ».
A Lyon, le SIRHA (Salon international de la restauration, de l'hôtellerie et de l'alimentation) est, pour 2019, le projet phare de Safran Provence.

N.V.