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Elevage : la filière regroupée face aux enjeux

La conférence annuelle de l’élevage s’est tenue à St Martin de Crau le 19 mars 2018

À l’occasion de la conférence annuelle de l’élevage de la Chambre d’agriculture, Rémy Benson, président du pôle, et ses équipes, ont fait un point sur le dossier d’atelier de découpe collective, ainsi que sur les dossiers “chauds” du moment, notamment la PAC et le projet de révision de la grille de proratisation des surfaces pastorales.
En ouvrant la conférence annuelle de l’élevage de la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône, qui s’est tenue lundi 19 mars à Saint-Martin-de-Crau, Rémy Benson, président du pôle “élevage”, et secrétaire-général adjoint de la Chambre d’agriculture 13, a tout d’abord voulu saluer la mémoire de Florence Mazel, disparue mi-février, par une minute de silence. 

Puis, il a passé la parole à Claude Rossignol, président de la Chambre d’agriculture 13, qui est revenu sur le bilan des actions mises en place depuis cinq ans par la Chambre au profit des éleveurs du département : “Nous vous avions fait une promesse : donner toute sa place à l’élevage dans le département, avec des actions destinées à dynamiser la filière”, a-t-il rappelé à l’assemblée réunie dans la salle Aqui sian Ben, avant de citer les dites actions : regrouper l’ensemble des filières autour d’un bulletin unique, Treiz’Elevage, la lettre d’information diffusée aux éleveurs des Bouches-du-Rhône et vecteur de communication “efficace et régulier” ; mise en place du forum Treiz’ Elevage via facebook ; création d’un repas convivial annuel avec les éleveurs et des sorties, “à l’image de la récente soirée au Vélodrome” ; défense des dossiers sanitaires, et notamment lors de la crise FCO, avec la mise en place du périmètre de sécurité de 20 km qui aurait entraîné la suppression de la transhumance et l’arrêt des spectacles taurins. “Nous avons proposé un plan de sortie, et participé à la réalisation de plus de 6 000 prélèvements en sept jours. Ces actions ont permis la levée rapide de l’arrêté préfectoral”, a rappelé Claude Rossignol, soulignant également la mobilisation, en 2016, lors de la crise de l’influenza aviaire, et la coordination des visites de contrôle vétérinaires, en accord avec le GDS 13 et la DGAL.

Il s’est également attardé sur la crise au sein de la Fédération française de la course camarguaise, saluant “l’équipe courageuse emmenée par Jacques Mailhan, qui a su redresser la situation, et mettre en place des projets structurants”. Enfin, pour conclure, il a annoncé que le dénouement concernant l’AOP Brousse du Rove “était proche”, (Elle vient d’obtenir l’appellation d‘origine contrôlée.

La grille de proratisation revue ?

Reprenant la parole, Rémy Benson a ensuite ouvert le délicat dossier de la PAC. “L’actualité est chargée, avec des manifestations et un avenir incertain pour nos exploitations. L’État n’arrive plus à absorber la mise en place de cette PAC, avec des problèmes de logiciels qui bloquent tout, et l’ombre de l’Union européenne qui fait peur à l’administration. Par ailleurs, on nous a promis une simplification et c’est encore une fois l’inverse qui se passe : nos animaux pâturent, on les déclare en proratisant les surfaces pastorales. Mais si on oublie un rocher, la sanction tombe. Nous avons fait comprendre à l’administration qu’ils allaient trop loin, car, en aucun cas, on ne triche pour profiter des aides. C’est parce-que nous en avons besoin qu’elles existent !”. D’ailleurs, au cours de la réunion, un point sur les paiements et instructions PAC 2015 à 2018 a été fait par l’équipe des conseillers “productions animales”.

Selon le président Benson, une nouvelle grille de proratisation sur les parcours serait d’ailleurs en élaboration. “On ne lâchera rien ! Les surfaces pastorales sont importantes dans le département et le manque à gagner serait considérable. La copie va être rendue le 31 mars.  

Le pôle “élevage” sera également “vigilent” sur la suite donnée au dossier de la programmation de la zone DFCI (Défense des forêts contre l'incendie, ndlr). “Deux sites pilotes sont en cours de création, et notamment un qui concerne plus spécifiquement le sylvopastoralisme, à Saint-Rémy”, rappelait Rémy Benson.

Au niveau sanitaire, malgré la loi NOTRe, le Conseil départemental continue de soutenir financièrement le GDS, et Rémy Benson n’a pas manqué de remercier l’implication du CD 13, qui suit également le projet d’atelier de découpe collective à Saint-Martin-de-Crau : “Ce projet est sur la bonne voie. Une organisation de producteurs devrait se mettre en place pour coordonner les débouchés”, a annoncé Rémy Benson.

Opérationnel en 2019

Après sollicitation des différentes filières d’élevage concernées par cet atelier de découpe (ovin, bovin, caprin, Camargue), les acteurs ont contacté la mairie de Saint-Martin pour trouver un terrain, mais aussi la coopérative “Agneau soleil”. “L’abattoir local émet des réticences, et c’était prévisible. Nous allons prochainement les rencontrer, car nous voulons proposer aux éleveurs un centre de découpe, pas un abattoir. Les deux structures sont complémentaires”, notait le président Benson, rappelant que beaucoup d’éleveurs “en vente directe vont ailleurs pour transformer leur viande”, notamment dans le Gard ou à Sisteron. 

Pour l’instant, les professionnels souhaitent que le projet développé s’appuie sur un fonctionnement comme celui des légumeries en maraîchage, avec une gestion par les professionnels, et sur la base d’un cahier des charges “bien défini”. “Nous essayons de voir s’il est possible de s’adosser à un établissement scolaire. Le problème est que la MFR Rhône-Alpilles de Saint-Martin ne dispose pas de terrain adjacent sur lequel nous aurions pu construire”, précise Sébastien Attias, responsable du pôle “élevage à la Chambre d’agriculture 13.

Mais pour Rémy Benson, le regroupement des trois filières d’élevage sur le projet “est une force”. Reste donc à trouver une solution pour le terrain, “rapidement maintenant, c’est-à-dire d’ici la fin du printemps. Nous devons capter les éleveurs qui partent ailleurs et leur proposer une solution localement”, puisque le financement est assuré. Rappelons que le projet global de ce centre de découpe est de 400 000 € et que les professionnels espèrent qu’il soit opérationnel d’ici 2019.

Source : Céline Zambujo / Agriculteur Provençal