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Bière Cordoeil : du champ à la chope

Innovation : Le GAEC Pougnet frères et la brasserie Cordoeil sont les lauréats du Prix national de la Dynamique agricole 2018, proposé par la Banque populaire.

Chaque année, des représentants de la profession agricole, mandatés par la Banque populaire, doivent sélectionner, parmi les quelque 150 dossiers qui leur sont soumis, huit lauréats pour quatre catégories que compte le Prix national de la Dynamique agricole.

Pour cette édition 2018, c’est le GAEC Pougnet frères, aujourd’hui géré par Georges Pougnet et son neveu Boris, et la brasserie Cordoeil, gérée par Boris Pougnet, installés dans le Haut-Verdon sur la commune de Thorame-Basse, qui ont remporté le prix dans la catégorie Innovation pour leur production de bière artisanale. Une production qui se caractérise par le fait que les producteurs maîtrisent l’ensemble du procédé de fabrication, de la culture de l’orge à l’embouteillage.
« Ce qui a plu au jury national, c’est que non seulement vous maîtrisez l’ensemble du process, mais vous avez aujourd’hui un produit de qualité homogène dans la durée. Vous avez une stratégie marketing innovante et vous réussissez à commercialiser de nombreuses sortes de bières sous la marque Cordoeil », a résumé Bruno Bove, directeur commercial agriculture et viticulture à la Banque populaire Auvergne- Rhône-Alpes. Il aurait pu ajouter : le tout conduit en agriculture biologique !
Une remise de prix symbolique était organisée sur le site gapençais des BTP à l’occasion de la cérémonie des voeux de l’établissement bancaire, le prix officiel devant être remis à Paris quelques jours plus tard. « C’est la banque qui nous a proposé de présenter un dossier au concours. On s’est dit pourquoi pas, mais on ne pensait jamais qu’on gagnerait », a commenté Georges Pougnet.

70 000 litres de bière par an
L’idée de faire de la bière, ils la doivent en partie à l’épouse de Boris, Marie-Claire, une ch’timi originaire de Lille et diplômée en agroalimentaire, passionnée de brasserie à l’instar de son époux. « Il paraît qu’à l’école, ils avaient une microbrasserie en travaux pratiques. Ça ne s’improvise pas », commente l’oncle.
Eux-mêmes étaient en micro-brasserie depuis dix ans. « L’année dernière on a fait des travaux et on a tout transformé de manière à doubler la production ». Avec 25 ha d’orge de brasserie, ils produisent désormais 7 000 litres de bière par an.

« Le caractère innovant, c’est qu’on maîtrise la production du champ à la chope », explique Boris. « Et pour ça, il faut maîtriser beaucoup de technologies différentes. Il y a en gros trois métiers : le métier d’agriculteur qui va produire la céréale, le métier de malteur qui va transformer l’orge de base en orge maltais et le métier de brasseur qui va assembler des orges, des blés, du houblon et qui va faire de la bière ». A l’origine de cette aventure, une passion. « C’est un produit que j’aimais et dans le Nord, dont ma femme est originaire, il y a beaucoup de brasseries. A chaque fois qu’on était en vacances, on allait voir comment ça se passait, on allait brasser avec des gens qui sont, depuis, devenus des amis. Et on s’est rendu compte que tous les processus qui se passent pendant le maltage et le brassage, c’étaient des choses que nous avions étudié pendant nos études. Tout ce qui est réaction enzymatique, réaction pendant la fermentation, ce sont des choses qu’on connaissait déjà ».
Ne manquait que la pratique, qui n’allait pas pour autant de soi. « Il y avait moins de savoirs partagés. A l’époque, c’était la renaissance des brasseries artisanales, mais ça avait commencé dans le nord de la France et en Bretagne et ce n’était pas encore descendu jusqu’à chez nous. Il a fallu faire pas mal de travail de recherche et avoir pas mal de contacts, surtout pour arriver à avoir un produit stable et reproductible. C’est ça le plus dur et ça demande beaucoup de rigueur ».

En ce moment, la brasserie Cordoeil propose six bières différentes : de la blonde à la brune 10,5 % en passant par de la blanche deux grains (contenant à la fois de l’orge et du blé), ou encore une ambrée au miel (local et également produit en agriculture biologique à la miellerie Chaillan). De quoi satisfaire une large clientèle.

St.M.C.