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ARBORICULTURE : LA PUGERE

Une nouvelle dynamique partenariale pour l’expérimentation

L’année 2017 a marqué un tournant important et positif pour la station. La constitution du réseau Reffel* lance aujourd’hui un nouvel élan pour l’expérimentation.

 

Libérée de ses problématiques fiscales, soldées et clôturées en 2017, la station d’expérimentation peut maintenant se concentrer sur le nouveau challenge qui l’attend. L’assemblée générale annuelle de la station de Mallemort, qui s’est tenue le 11 avril, a permis à son conseil d’administration de faire le point sur ces derniers évènements.

“Après de longs mois de négociations et d’incertitudes, la situation structurelle de La Pugère a enfin évolué dans le bon sens”, se réjouit Jean-Noël Fabre. Avec la mobilisation et le soutien de ses partenaires, notamment la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône, la Chambre régionale d’agriculture Paca, le Département et le Conseil régional, la procédure judicaire a été clôturée. Une période durant laquelle les partenariats, avec les structures de développement régionales, sont restés au cœur de l’activité de la station. Avec les instituts et la recherche, ils ont pris des formes plus opérationnelles, via les différents projets auxquels La Pugère a contribué (Écophyto, Déphy expe Pomme, Capred, Pulvarbo, le Casdar Peps, le projet Life, Phyto Barre).

Pour redynamiser le réseau des stations

Mais, de nouveaux projets vont très prochainement émerger, notamment avec l’Agence de l’eau, sur la réduction des herbicides ; le Ctifl, sur l’amande ; et sur le feu bactérien dans les Alpes. “Mais, l’ambition 2018, c’est la préparation de notre partenariat novateur avec le Ctifl”, lançait le président. La Pugère est en effet candidate, comme La Tapy, au statut “d’antenne”, ce qui signifierait une intégration au réseau Ctifl. Ce rapprochement, en cours d’étude, s’inscrit dans un vaste projet initié par le Ctifl pour animer et redynamiser l’ensemble des stations d’expérimentation fruits et légumes. La vraie évolution attendue était la finalisation de la fusion de toutes les stations de la région Paca. “Elle n’a pas pu voir le jour”, mais, pour autant, Jean-Noël Fabre “ne regrette pas l’énergie dépensée, qui reste une source d’inspiration pour garder notre capacité de remise en question”, ajoute-t-il.

Toutefois, pour que l’innovation reste la clé de voûte de l’accompagnement des producteurs régionaux, les responsables des stations sont bien conscients que de nouvelles solutions doivent être trouvées. Le Ctifl, dont le rôle et les missions ont évolué, également. C’est la raison pour laquelle son nouveau président, Jacques Rouchaussé, a souhaité, il y a quelques mois, ouvrir une concertation avec l’ensemble des acteurs nationaux de l’expérimentation, pour redéployer le réseau des stations régionales. C’est au travers du Reffel qu’il doit prendre forme.

 

Antenne, partenaire ou associé

“La réflexion est partie d’un constat : il fallait rebooster le réseau, tout en s’adaptant à la politique de chacun des sites”, explique le président de La Pugère. Chacune des stations régionales en France a été invitée “à se positionner, avant la fin 2017, sur un schéma d’organisation, remanié et quelque peu nouveau”, souligne Gérard Roche, administrateur de La Pugère, et président de la station La Tapy.

En souhaitant refonder ses relations avec les stations, le Ctifl leur a proposé trois modèles. “Le modèle “antenne” est un modèle d’intégration qui vise à réintégrer les compétences et les infrastructures des stations qui représentent un intérêt pour le collectif au sein du Ctifl”, explique Gérard Roche. Pour le modèle “partenaire”, c’est le Ctifl et la station qui identifient des programmes sur lesquels ils souhaiteront mettre des moyens communs, dans une optique à moyen terme. L’enjeu est d’aller plus loin dans la mutualisation par rapport à ce qui se fait aujourd’hui en matière de ressources, d’échanges de données, de partage de connaissances. Le modèle “associé” est un schéma dans lequel une station, qui souhaite participer au réseau sur certains projets, peut bénéficier de certains services communs.

“Le réseau Reffel n’a pas encore pris son envol, mais le projet est en route. Toutes les stations se sont déjà positionnées sur le schéma proposé par le Ctifl, qui étudie actuellement les différentes situations”, indique Gérard Roche, qui ajoute : “avec cet ambitieux projet, nous sommes en train d’assister à un nouvel élan porteur d’avenir”.

Si bon nombre de stations semble s’être positionnées plutôt en faveur d’un schéma “partenaire”, La Pugère,  comme La Tapy et la Serail en Rhône-Alpes, ont opté pour la formule “antenne”, ce qui permettrait de sécuriser une expérimentation régionale pommier et poirier sur la station.

Jean-Noël Fabre assure que “ce choix ne devrait pas bouleverser le fonctionnement de la station sur 2018 et sans doute 2019, rien n’étant définitif pour l’instant, puisque la proposition relève d’une intention de construction mutuelle entre le Ctifl et notre station”. Pour la station La Pugère, la construction de son intégration au Ctifl est techniquement complexe, et le dossier de son positionnement sera étudié dans le courant de l’année 2018. Le Ctifl, qui a lancé le mouvement, souhaiterait bâtir cette nouvelle dynamique partenariale d’ici trois ans. “L’ensemble des acteurs de l’expérimentation souhaitent s’inscrire dans ce réseau, mais l’objectif n’est pas de nous précipiter, mais de bien le construire”, conclut Jean-Noël Fabre.

* Réseau d'expérimentations français fruits et légumes

 Source Agriculteur Provençal - Emmanuel Delarue

 

 

Le Reffel et ses missions

À la suite du rapport “Piaton” sur l’avenir des stations régionales d’expérimentation en France, le Ctifl a convoqué, lors de deux séminaires en juillet et novembre 2017, l’ensemble des présidents et directeurs des 13 stations de la filière fruits et légumes, afin d’initier la construction d’un réseau collaboratif, le Reffel. Ce réseau, d’envergure européenne, serait leader en matière de capacités pour des prestations collectives et privées compétitives.

L’expérimentation en France doit en effet faire face, d’ici à cinq ans, à de grands enjeux tels que :

  • Donner de la légitimité à l’action collective ;
  • Anticiper les grandes évolutions (changement climatique, gestion de l’eau…) ;
  • Capter l’innovation dans les modes de production et raccourcir les délais de l’expérimentation ;
  • Développer notre capacité à générer de l’innovation et moderniser nos outils ;
  • Rechercher et développer toutes les solutions de rupture pour faire face à la problématique de la protection des plantes, en raisonnant à court et long terme ;
  • Etre capable de traduire les “attentes sociétales” lourdes en arbitrage ;
  • Augmenter la capacité de transfert et clarifier les rôles pour cela ;
  • Ecouter les besoins des professionnels et les hiérarchiser ;
  • Trouver les bons modèles économiques pour les stations ;
  • Réfléchir à de nouvelles solutions de rémunération, dont propriété intellectuelle.